Les statues en bronze appartiennent au domaine des arts dits pluriels, c’est-à-dire reproductibles. La difficulté de fixation de la valeur n’en est que plus grande.
8 critères de prix
1. Le sujet. Aujourd’hui, la sculpture animalière est appréciée, notamment celle des époques Art nouveau (1895-1914) et Art déco (1918-1940), mais aussi celle du XIXe siècle (Barye, Mène…) qui conserve ses adeptes, surtout s’il s’agit de beaux tirages de grandes dimensions. La sculpture féminine a aussi le vent en poupe, mais est parfois élitiste. En revanche la représentation de notables du type chevaliers d’industrie n’est plus guère demandée.



2. Le fondeur. Ce nom est très important. Un bronze, c’est un artiste qui a fait l’original (en terre réfractaire) et un fondeur. Certains noms apportent un réel plus à l’oeuvre : Valsuani, Hébrard, Rudier, Ferdinand Barbedienne, Susse, Siot-Decauville, Thiébaut.
3. Le tirage, la rareté. Le nombre d’exemplaires fondus ou restant en circulation est évidemment important. Le connaître nécessite quelques recherches. A partir de 1981, le décret Marcus fixe à 8 + 4, soit 12 le nombre d’exemplaires pouvant être fondus pour les nouvelles créations en France.
4. La patine. Une belle patine obtenue par l’alliance du fondeur et du temps est un argument mis souvent en avant par les vendeurs.

5. L’époque de création. L’ancienneté n’est pas essentielle pour la période 1850 – 2000, soit à partir de l’ère industrielle. Les bronzes des XVIIIe , XVIe et XVe sont généralement très chers. Ceux d’artistes italiens des années 1500 et 1600 se chiffrent souvent en centaines de milliers d’euros.
6. L’époque de fonte. La fonte du vivant de l’artiste, et de préférence sous son contrôle, est la plus estimée.
7. Le nom de l’artiste. Comme aujourd’hui dans tous les domaines des antiquités, le nom occupe une place essentielle. Ceux de Rembrandt Bugatti ou Chiparus sont réservés à des personnes fortunées. Idem pour Bourdelle, Frémiet, Dali, Botero, Brancusi, Pompon, Severini… Pour des bronzes très anciens, l’absence d’une attribution précise n’empêche pas de parfois réaliser de gros prix, si l’oeuvre est belle.


8. Les dimensions. Toutes choses étant égales, un exemplaire de grande taille est davantage estimé.
Remarques :
On ne confondra pas le bronze et la régule. Cette dernière est un alliage beaucoup moins coté (on l’appelait le bronze du pauvre).
On fera attention aux faux obtenus par surmoulage ; ils sont légèrement plus petits et la sculpture est moins vive…
– Daniel Cagnolati



