Les Estampes Japonaises, les Ukiyo-e

I Bref Historique 

Kitawage Utamaro (1753-1806)

C’est au XI ème siècle que débute les premières impressions de texte par le biais de bois d’impression au Japon. La période Edo, (1603-1868 ) et l’obligation des daimyō (vassaux) de rester à Edo (actuel Tokyo) une année sur deux va permettre à cette dernière de bénéficier d’un fabuleux élan culturel. Se développe alors une culture populaire du plaisir fugitif appelé ukiyo (lit. “le monde flottant”), les représentations graphiques de ce mouvement sont appelées sous le terme toujours d’usage aujourd’hui de ukiyo-e (littéralement. images du monde flottant). Les premières images représentent des scènes érotiques, des acteurs, des courtisanes, les estampes de paysages fukei-ga apparaitront plus tard au XIXème siècle, siècle dans lequel les Japonais se passionnent pour les voyages. Hiroshige et Katsushika Hokusai sont alors les maitres en la matière, respectivement avec les Cinquante-trois relais de poste de Tokaidō et bien sur les Trente-six vues du mont Fuji.

II Fabrication 

L’industrie des estampes est une véritable économie et à pendant plusieurs décennies fait vivre de nombreuses personnes : éditeurs, dessinateur, copistes, graveurs sur bois, fabricants de papier, producteurs de bois d’impression et de pigments et revendeurs. Voyons plus en détail ces différents métiers !

Utagawa Hiroshige (1797-1858)

Tout commence par l’éditeur qui passait commande d’une idée de modèle auprès d’un dessinateur, modèle choisi au préalable par l’éditeur comme pouvant se révéler être un futur succès commercial ! Un dessin shita-e est alors proposé, s’il est accepté il est envoyé à un copiste, qui en fait un double sur papier transparent hanshita-e. Ce papier était alors appliqué sur une planche de bois, le plus souvent de cerisier, le graveur venait alors évider la planche, afin que seuls les traits du dessin soient en relief, on obtenait alors le bois de trait. Le bois de trait était alors enduit d’encre noir, une feuille de papier de murier était posé dessus, puis tamponné par un baren, qui venait faire pression sur la feuille, afin d’en imprimer le dessin en noir et blanc. Pour chaque couleur de la futur estampe une planche de bois spécifique devait être sculptée (bois de teinte), ce sont ces bois de teinte qui après avoir chacun reçu une encre de couleur et tamponner tour à tour faisait apparaitre les couleurs à l’estampe. Il n’est pas rare selon les modèles d’utiliser entre 10 à 20 bois de teinte pour une estampe. Concernant les pigments utilisés, ils étaient de composition végétale ou minérale, exception faite du bleu de Berlin ou du bleu de Prusse, magnifié dans la fameuse grande vague de Kanagawa Kanagawa-oki nami-ura de Hokusai. Certaines estampes de luxe se voyait également appliquées de l’or, de l’argent, du cuivre, du mica ou de la nacre.

Tout cela semble long et fastidieux, mais il faut savoir que pour un atelier de 5 personnes, 300 à 400 estampes par jour pouvait être produite.

III Musées 

Afin de découvrir toutes ces merveilles, mais également découvrir plus en détail les secrets de fabrication des estampes japonaises, voici un une petite liste non exhaustive de lieux où en apprendre davantage : 

Observer et comprendre les estampes à la source : Tokyo

Voyager en Asie en France : Musée Guimet, Paris

Voyage dans le monde flottant au coeur de la capitale européenne : Musée royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles


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