Statuette Lobi (bateba) Statuette anthropomorphe rituelle, bois sculpté, Hauteur : 21 cm, Largeur : 6 cm, Profondeur : 6 cm, Poids : 285 g, Datation probable : première moitié du XXᵉ siècle, Aire culturelle : Sud-Ouest du Burkina Faso / Nord du Ghana, Attribution : Lobi, Petite statuette monoxyle, de proportions compactes, au modelé volontairement anguleux et à l’expression intériorisée. Tête
Bras longs, plaqués le long du corps, mains schématisées
Jambes courtes et robustes, pieds larges servant de base
Sexe non explicitement représenté (fréquent chez les bateba)
L’ensemble privilégie une lisibilité symbolique plutôt qu’un naturalisme anatomique.
État de conservation
Structure : complète, sans cassure majeure
Bois : sain, densité homogène
Surface :
Patine ancienne brun foncé
Usure régulière sur les reliefs (visage, ventre, genoux, pieds)
Altérations :
Abrasions anciennes
Usure accentuée à la base des pieds
Restaurations : aucune intervention visible
État général : bon état ancien, conforme à un objet de culte domestique ayant été manipulé
Ces caractéristiques correspondent bien aux figures rituelles lobi, communément désignées sous le terme générique de bateba, utilisées comme intermédiaires entre le monde visible et invisible. Chez les Lobi, les statuettes (bateba) sont liées au culte des esprits tutélaires (thila). Elles peuvent avoir plusieurs fonctions :
Protection du foyer ou de l’individu
Régulation des désordres (maladie, conflits, malchance)
Médiation avec les ancêtres ou esprits de la brousse
Objet de divination ou de prescription rituelle
Ces figures ne sont pas décoratives : elles sont chargées rituellement et intégrées à la vie quotidienne. Les Lobi vivent principalement au sud-ouest du Burkina Faso, ainsi qu’au nord du Ghana et de la Côte d’Ivoire.
Leur société est fortement structurée autour des cultes des esprits (thila), révélés par les devins (thildar). Points essentiels :
Religion non centralisée
Absence de clergé institutionnel
Chaque famille entretient ses propres figures rituelles
L’art est fonctionnel, non ostentatoire, mais d’une grande force expressive
Comparaisons muséales (références)
Musée du quai Branly – Jacques Chirac
Nombreuses figures bateba lobi, Burkina Faso / Ghana.
British Museum
Statuettes lobi illustrant la diversité des figures de protection domestique.
Metropolitan Museum of Art
Sculptures lobi mettant en évidence la frontalité et la symbolique du corps.
Sources bibliographiques
Daniel Biebuyck, African Figurative Sculpture, University of California Press
Marie-Louise Bastin, L’Art des peuples de l’Afrique noire, Gallimard
René Bravmann, Islamic and Indigenous Art of West Africa, Cambridge University Press
Ezio Bassani, African Art and Artefacts in European Collections, Skira