Buste du Bouddha Maravijaya en parure royale
Ancien royaume de Siam
Période Rattanakosin, première moitié du XIXème siècle
Règne de Rama III (1824- 1851)
Le buste de notre Bouddha présente de larges épaules et une poitrine ample, animée du souffle intérieur de la méditation. L’Éveillé est vêtu du
sangathi et de l’
uttarasangha plaqués à même le corps laissant l’épaule droite découverte, un pan de l’étoffe placé sur l’épaule gauche se prolongeant en direction du nombril, la main gauche aux longs doigts fins, délicatement courbés, en position
dhyanamudra.
Le visage à l'aspect juvénile et empreint d’une grande douceur, s’inscrit dans un ovale harmonieux. Il se caractérise par de grands yeux lenticulaires aux paupières mi-closes, traduisant une attitude méditative empreinte d’intériorité et de sérénité, détachée des contingences terrestres. L'
urna discrète, en léger relief, positionnée au milieu du front, les arcades sourcilières à la courbure parfaite se rejoignent à la base d'un nez aquilin en forme de bec d’aigle surplombant une bouche aux lèvres délicates dont les commissures esquissent un léger sourire.
Le crâne, recouvert d’une multitude de petits picots, est surmonté de l’
ushnisha d’où jaillissait autrefois un
rasmi aujourd'hui lacunaire. Les oreilles pointues, aux longs lobes distendus par le poids des ornements que le Bouddha arborait autrefois dans sa vie mondaine, sont recourbées vers l’extérieur.
Notre buste de Bouddha peut être rapproché des productions du règne de Rama III (1824-1851).
La richesse ornementale de la robe monacale et du
sanghati, couverts de motifs floraux répétitifs de type
pha lai, ainsi que le décor poinçonné en léger relief, s’inscrivent pleinement dans le vocabulaire décoratif développé sous la dynastie
Chakri au cours de la première moitié du XIXème siècle.
Le traitement extrêmement raffiné de la surface, évoquant des étoffes précieuses brodées ou damassées, constitue une caractéristique récurrente des sculptures associées aux ateliers royaux et aux grands programmes religieux de Bangkok durant la période Rattanakosin ancienne. Les motifs floraux étoilés positionnés régulièrement sur le vêtement rappellent les textiles de cour et traduisent le goût prononcé de l’époque pour les effets décoratifs foisonnants, hérités à la fois des traditions siamoises, chinoises et palatiales.
Dans l’iconographie bouddhique thaïlandaise, cette sophistication ornementale participe également d’une dimension symbolique: les motifs floraux, associés à la pureté spirituelle, à la perfection et au paradis bouddhique, fonctionnent comme une forme d’offrande visuelle exaltant la nature transcendante de l’Éveillé.
Bronze anciennement doré
Accidents visibles, usure de surface
54 x 18 cm pour l'ensemble
Ancienne collection de Monsieur P., esthète et grand collectionneur d'Arts d'Asie
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Ref: 0K77F777PP