Nous vous proposons cette importante découverte en marbre de Carrare représentant ABDIEL, le séraphin fidèle du Paradise Lost de John Milton.
L’œuvre est signée et datée « F. SIMMONS / ROMA 1872 » et porte, profondément gravé sur le bord de sa terrasse, le nom « ABDIEL ».
Figure parmi les plus nobles du poème de Milton, Abdiel est le seul ange qui refuse de suivre Satan dans sa rébellion. Milton le décrit comme demeuré fidèle parmi les infidèles, seul face à la multitude, inébranlable dans sa loyauté.
Simmons choisit ici de traduire cette force morale non par l'emphase, mais par une figure d'une remarquable sérénité. Le jeune séraphin se tient debout, le regard porté au loin. Le visage, aux traits réguliers et intériorisés, contraste avec le mouvement généreux de la chevelure et l'ample draperie antique qui traverse le torse avant de retomber en plis profondément sculptés.
La composition témoigne pleinement de cette sculpture américaine néoclassique élaborée à Rome au XIXe siècle, au croisement de la tradition antique et de la culture littéraire anglo-saxonne.
Franklin Bachelder Simmons quitte les États-Unis pour l'Italie à la fin des années 1860 et établit à Rome l'atelier où se déroulera l'essentiel de sa carrière. Il y réalise aussi bien des portraits et des monuments officiels que des figures idéales inspirées de la littérature, de l'histoire et de la mythologie.
L'année 1872 revêt une importance particulière dans son œuvre : elle correspond également au Roger Williams en marbre réalisé par Simmons pour la National Statuary Hall Collection du Capitole des États-Unis à Washington. Quelques années plus tard, son The Promised Land, sculpté en marbre en 1874, entrera dans les collections du Metropolitan Museum of Art de New York.
Le sujet d'Abdiel est par ailleurs historiquement documenté dans l'œuvre de Simmons. Un témoignage publié d'Elizabeth Buffum Chace évoque une figure de Simmons représentant l'Abdiel de Milton et souligne l'impression produite par cette sculpture. Une biographie ancienne de Simmons cite également parmi ses œuvres importantes The Seraph Abdiel, from Paradise Lost.
La sculpture conserve aujourd'hui une forte présence matérielle et une patine ancienne, résultat d'une longue exposition extérieure. La surface présente des salissures, ponctuations sombres et traces biologiques, particulièrement visibles dans les creux de la chevelure, des draperies et sur la terrasse. Ces marques n'empêchent nullement la lecture du modelé : le visage, les mains, la chevelure et les plis du vêtement demeurent remarquablement expressifs.
L'œuvre est proposée dans son état actuel, sans nettoyage récent ni restauration connue, afin de préserver son histoire matérielle. Un nettoyage professionnel réalisé sous le contrôle d'un restaurateur spécialisé en sculpture pourrait être envisagé par son futur propriétaire.
Hauteur : environ 140 cm.
Marbre de carrare
Signée : « F. SIMMONS ».
Située et datée : « ROMA 1872 ».
Titre gravé sur la terrasse : « ABDIEL ».
États-Unis / Rome, dernier tiers du XIXe siècle.
Ref: OTGTW740NW