Commode Louis Philippe

Comment reconnaître le style Louis-Philippe ?

En mobilier, le style Louis-Philippe prend place entre 1830 et 1848. Ce style bourgeois se veut avant tout confortable. Alors qu’il se développe en pleine Révolution Industrielle, le mobilier Louis-Philippe est produit de manière industrielle, au détriment de l’artisanat. Les chaises Louis-Philippe, canapés et lits se veulent avant tout confortable. Il est grandement influencé par les styles précédents, issus du Moyen Age, de la Renaissance, et du Louis XV. Toutefois, il reste dans la continuité du style Restauration.

Le recours aux pastiches permet de reconnaître le style Louis-Philippe. A ce titre, les rocailles et autres éléments gothiques redeviennent à la mode. Fort influencé par l’architecture des églises gothiques, le mobilier s’orne d’éléments issus du style Troubadour. Aucune nouvelle forme ni ornementation ne naît sous ce style. Il mélange les éléments des styles précédents afin d’obtenir un meuble confortable et massif. En cela, il annonce le style suivant, le Napoléon III.

I. Lignes du style Louis-Philippe

Le mobilier Louis-Philippe se situe dans la continuité du style Restauration. Pour ce faire, il en conserve les lignes sobres. Toutefois, il n’en garde ni l’élégance, ni le raffinement, ni la légèreté. Les lignes deviennent massives afin d’obtenir un mobilier avant tout confortable. Il se compose de grandes surfaces de bois avec peu de moulures et très peu de bois sculpté. Seules des incrustations de bois permettent d’agrémenter les étendues de bois lisses.

buffet Louis-Philippe
Buffet Louis-Philippe à 2 vantaux, 1 tiroir en ceinture, noyer, Circa XIXe siècle

II. Matériaux du mobilier Louis-Philippe

Le mobilier se réalise à base d’acajou, massif ou plaqué. Toutefois, d’autres essences telles que la loupe d’orme, le merisier, le hêtre, l’érable, le citronnier, le palissandre ou le sycomore servent à la réalisation du mobilier. Par ailleurs, les bois noircis et peints à motifs deviennent à la mode.

Dans la lignée du style Restauration, le Louis-Philippe abandonne les éléments de bronze rapportés. Les entrées de serrures et poignées sont, la plupart du temps, en cuivre.

Enfin, il n’est pas rare que les secrétaires à abattant ou les commodes comporte une plaque de marbre sur leur plateau.

III. Ornementation et piétement du style Louis-Philippe

Etant donné que le mobilier Louis-Philippe est produit de manière industrielle, l’ornementation se simplifie considérablement. Ce mobilier se caractérise par de grands panneaux de bois plats et peu moulurés. Seules quelques palmettes subsistent, au même titre que des corniches et moulures à doucines. Quelques moulures tendent à imiter le style Louis XV. Toutefois, le détail est plus grossier. Par ailleurs, les montants droits des meubles sont arrondis. Quelques rocailles et volutes apparaissent.

Par ailleurs, des motifs peints ornent certaines pièces de mobilier. Il s’agit de fleurs, de paysages, d’animaux,…

Le style Louis-Philippe peut se reconnaître grâce à son piétement robuste. De nombreux pieds différents existent. Il s’agit de pieds droits à balustres, à colonnes, tournés en spirale ou cannelés, ou galbés, en cols de cygne, en griffes de lion, en toupies, en sabres, en consoles terminée en palmettes ou gainés. Le piétement est, la plupart du temps, tourné à la machine. Quelques nouveaux modèles apparaissent. Il s’agit, entre autres, du pied en cuisses de grenouilles et du pied en parapluies.

À gauche : pied en parapluie,
À droite : pied en cuisses de grenouille

IV. Le mobilier Louis-Philippe

Le mobilier Louis-Philippe demeure dans la lignée de ce qui a été précédemment créé. De fait, de nombreux sièges, tables, fauteuils, armoires, commodes, bureaux,… émergent  sous le Louis-Philippe.

Toutefois, quelques innovations adviennent. D’une part, le piétement de bon nombres de sièges, tables et guéridons s’agrémente de roulettes. Cela permet de les déplacer plus aisément. Par ailleurs, de nouveaux meubles apparaissent sous le style Louis-Philippe. Il s’agit de meubles pratiques, dédiés à l’hygiène corporelle. Nous pouvons citer, entre autres, les commodes-toilettes ou les barbières.

Les sièges Louis-Philippe

Les sièges Louis-Philippe sont massifs, en comparaison à leurs homologues Restauration. Ils se réalisent à l’aide d’essences de bois sombres tels que l’acajou, le palissandre, le merisier,… En outre, leur garnissage s’effectue à base de ressort de métal et de crin de cheval.

Leur piétement reprend toutes les formes du Louis-Philippe : pieds parapluies, en sabres, en gaines, en cuisses de grenouille, tournés en balustres… Les pieds se terminent fréquemment par une roulette. Les accotoirs, quant à eux, sont tournés en corne de bélier ou en crosses. Les dossiers des fauteuils classiques sont presque toujours cintrés. Quelques fauteuils corbeilles existent. Leur dossier est d’un seul tenant avec les côté. Par ailleurs, les fauteuils voltaires et les chauffeuses issues de la Restauration restent en vogue. Les accotoirs des voltaire sont rembourrés. Enfin, les fauteuils gondoles sont fréquents, avec leur dossier droit.

Les chaises Louis-Philippe se réalisent  à base des essence typiques du Louis-Philippe. Leurs pieds sont en balustres, en sabres, galbés terminés en volute, parapluie,… Le dossier peut être en gondole, capitonné ou ajouré. Dans ce cas, il s’orne de croisillons, de barreaux horizontaux ou verticaux, à médaillon,…

Chaise Louis Philippe. Acajou. Pieds parapluies. Barreaux horizontaux.
Chaise Louis-Philippe, circa XIXe siècle. Acajou de Cuba. Barreaux horizontaux.

Les tables et guéridons Louis Philippe

Il existe un nombre important de table à usages différents sous le Louis-Philippe. Quoi qu’il en soit, elles sont souvent rondes ou ovales. L’acajou, la loupe d’orme et le merisier servent généralement à leur confection.  

Les tables de jeux, rondes ou en demi-lunes sont à la mode. De nombreuses tables utilitaires arrivent, telles que des tricoteuses, des tables servantes, des coiffeuses, des barbières ou encore des table de salon.

Les guéridons restent des meubles de choix. Ils disposent d’un pied central, en forme de bulbe ou composé de grosses balustres. Ce piétement se divise en trois ou quatre pieds richement sculptés. Il peuvent se terminer par une griffes de lion et sont presque toujours montés sur des roulettes. Le plateau, ovale ou rond, peut être festonné, en bois ou en marbre. Enfin, les petits guéridons disposent, la plupart du temps, d’un plateau mobile qui peut devenir verticale et longer le pied.

Les tables de salle à manger se réalisent  en acajou  ou en noyer. Leur plateau se compose d’abattants. Leur piètement comporte de quatre à huit pieds, qui peuvent être balustres, parapluies ou gainés et qui se terminent par une roulette. Il est généralement possible d’y ajouter des allonges médianes.

Table en acajou Louis Philippe. SIx pieds. Allonges médianes.
Table de salle-à-manger Louis-Philippe, circa XIXe siècle. Abattants et allonges médianes, six pieds. Acajou. En vente sur Antikeo.

Enfin, le style Louis-Philippe foisonne de console d’appui. Leur plateau est en marbre et leurs pieds sont sinueux et massifs. Ils s’encastrent généralement sur un socle de bois.

Les armoires et commodes Louis Philippe

Les armoires et commodes Louis-Philippe sont massives, souvent réalisées en acajou ou en merisier.  De nombreuses armoires voient le jour dont, notamment, les lingères à un ou deux ventaux. Un plateau de marbre peut chapoter ces armoires d’une hauteur oscillant entre 1,80 et 2 mètres.

Armoire Lingère Louis Philippe. Acajou. Marbre. Deux vantaux.
Lingère Louis-Philippe, circa XIXe siècle. Acajou de cuba et marbre gris.

Les commodes, quant à elles, sont rectangulaires. Elle n’ont ni colonnes ni éléments de bronze rapportés. Elles disposent de quatre ou cinq tiroirs, intégrés dans une façades épurée. Un des tiroirs s’intègre dans la doucine du plateau et un autre dans la plainte du meuble. Les côtés, quant à eux, se composent de panneaux en bois. Le plateau se recouvre d’un marbre, blanc ou gris, sans gorge.

Enfin, la commode-toilette apparait. Elle comporte quatre tiroirs et, dans certains cas deux vantaux. Elle se termine par un  plateau qui se soulève et qui dévoile un plateau de marbre blanc et un miroir.

Les secrétaires et bureaux Louis-Philippe

Les meubles à écrire sont nombreux sous le style Louis-Philippe. Nous pouvons citer le bureau de ministre, le bureau à cylindre, le bureau en pente, le secrétaire à abattant ou le bonheur du jour.

Le bureau plat et le bureau de ministre sont souvent en acajou. Ils disposent de tiroirs et de tirettes de chaque côté. Leurs pieds sont en balustres ou en parapluies. Il existe également des bureaux en pente qui peuvent, à l’occasion, être surmontés d’une petite armoire. Leurs pieds sont droits, galbés, cannelés ou parapluies. Les bonheurs du jours, petite table surmontée de tiroirs, sont également très vogue.

Bureau plat Louis-Philippe, circa XIXe siècle. Acajou. En vente sur Antikeo.

Enfin, les secrétaire à abattant en acajou ou en palissandre restent de grands classiques. Leur partie inférieure se compose de tiroirs recouverts par deux vantaux. Leur partie supérieure, se recouvre d’un abattant qui renferme une séries de petits casiers et tiroirs. Des colonnettes ou une glace dans le fond peuvent agrémenter l’ensemble de tiroirs et espaces. Le haut du meuble comprend un tiroir en doucine, qui s’incorpore dans le bandeau qui supporte le plateau de marbre. Les angles du bâti sont arrondis.

Les lits Louis-Philippe

Enfin, les lits louis-Philippe sont de deux types. D’une part, les lits bateaux, similaires à ceux des styles précédents, disposent de travers plus hauts. Leurs dossiers sont de tailles égales et s’évasent en console pour se terminer en crosse vers l’extérieur. Leur piétement est massif mais bas.

Les lits de repos, quant à eux, sont identiques à ceux des styles précédents. Ils sont plus simples de manufacture, généralement réalisés en acajou, leurs montant peuvent être capitonnés.