Beau chauffe-plat en cuivre et laiton argentés par la maison CHRISTOFLE, complet de son plateau de couverture. Il présente de superbes prises mouvementées à godrons réunies par une bague moulurée, rattachée à la panse par des agrafes feuillagées finement sculptées.
L’ensemble repose par quatre pieds toupies délicatement travaillés.
Poinçons
•
CHRISTOFLE en toutes lettres,
•
CC une balance, quatre étoiles et deux branches (1862 - 1935).
• Le numéro 3 et le numéro 0, chacun dans un carré.
• Numéro de référence 2703756 sur les deux pièces.
Dimensions
• Hauteur : 11,8 cm.
• Diamètre : 25,4 cm.
• Longueur : 29,6 cm.
Rapport de conditions :
Quelques usures à l’argenture en partie supérieure, à la jonction du plateau de couverture, cohérentes avec son ancienneté et son usage. L’argenture du corps est en très bel état.
Ce réchaud dispose de son argenture originale. À l’exception de quelques usures localisées signes du temps passé et de l’usage, l’argenture du corps est en très bel état.
Superbe qualité des prises, caractéristiques de la période et d’une commande prestigieuse.
Un chauffe-plat de CHRISTOFLE présentant des prises similaires, portant les armes de la
famille d’Orléans, fut vendu par CHRISTIE’S lors de la vente de la succession du
Comte de Paris.
Fondée en 1830, la maison CHRISTOFLE devient
fournisseur du roi LOUIS-PHILIPPE qui lui passe ses premières commandes lors de l’
Exposition de 1844, puis avec la commande, en 1846, d’un service de table pour le
château d’Eu. Elle acquiert la célébrité grâce à la commande par l’
empereur NAPOLÉON III, à son arrivée au pouvoir, d’un grand service d’apparat de 4000 pièces, dont le point d’orgue est un monumental surtout présenté à l’
Exposition Universelle de 1855. En dépit du destin tragique de ce service, largement détruit lors de l’incendie des Tuileries en 1871
[1], la renommée de la maison devient immense.
Orfèvre du Roi et
Fournisseur de l’Empereur, la maison est sollicitée par les principaux souverains étrangers et leurs cours, tels que l’
empereur Maximilien du Mexique, le
Tsar de Russie, le
Kaiser, l’
Empire Austro-Hongrois ou le
sultan Abdülaziz de l’Empire Ottoman.
Le développement de la maison est exponentiel et CHRISTOFLE s’impose comme un des orfèvres majeurs de la fin du XIX
e et du XX
e siècle, aux compétences toujours plus étendues, jusqu’à prendre en charge la dorure des toitures de l’
Opéra Garnier.
Développant des pièces aux lignes modernes, Art Nouveau et Art Déco, qui triomphent lors de
l’Exposition des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925, CHRISTOFLE crée également des services destinés aux plus grands paquebots de l’époque, tels qu’
Atlantique,
Île-de-France et
Normandie, aux palaces comme le
Ritz, ainsi qu'aux grandes compagnies de transport ferroviaire et maritime
[2]. Durant toute la seconde moitié du XX
e siècle, CHRISTOFLE fait appel à des designers de grand talent afin de produire des pièces d’avant-garde, jusqu’à sa sortie de la famille en 2014.
L’on retrouve aujourd'hui des pièces de la maison CHRISTOFLE dans les plus grands musées du monde, tels que le
musée du Louvre, le
Musée des arts décoratifs, le
musée d’Orsay, le
Grand Palais à Paris, le
Metropolitan Museum et le
MoMA de New York, le
Victoria & Albert Museum et le
British Museum de Londres, la
Fundação Calouste Gulbenkian de Lisbonne, ainsi qu’aux tables des chefs d’État, ambassades, ministères et grandes institutions.
[1] Le surtout est retrouvé dans les ruines fumantes des Tuileries par Henri BOUIHLET, neveu de Charles CHRISTOFLE et vice-président de la manufacture. Il est désormais conservé au musée des Arts Décoratifs de Paris, dans son état de découverte.
[2] En 1935, par exemple, 40 000 pièces d’orfèvrerie sont livrées pour le paquebot Normandie.
Ref: HQTWK47JCR